Le Bar de Gandi

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Vendeurs d'aspirateurs biométriques

Sauf qu'une fois la lecture des rapports financiers passés, et la découverte de leur agissements "sur le terrain", on a froid dans le dos ... et on a envie de prévenir le reste du monde de faire attention.

Tout commence par des appels téléphoniques que l'on va qualifier de "rentre dedans", avec des rappels systématiques malgré des fins de non recevoir opposées tout aussi systématiquement. Nous n'avons pas besoin de lecteurs biométriques, et en tout cas, ce n'est pas une dépense à l'ordre du jour.

Au bout d'un moment, excédés par leurs appels continuels et constatant que ces personnes ne comprenaient pas le sens simple du mot "NON", j'ai fini par accepter que l'on me passe leur vendeur.

A celui-ci, je n'ai posé qu'une seule question : combien ? quel modèle économique ?. Réponse : Gandi est une société connue, nous souhaitons nous faire de l'image grâce à vous, tout est gratuit, installation et maintenance.

Bien sûr, je reformule, ayant depuis longtemps arrêté de croire au Père Noël, et la réponse est la même : nous sommes le département marketing, pas de frais pour vous.

Sentant le soufre, et piqué par la curiosité, j'accepte de les recevoir.

Bien entendu, comme toute arnaque bien construite, une jeune femme va rappeler pour s'assurer que le décisionnaire signataire va recevoir leurs commerciaux pour "vous engager en fin d'entretien". Evidemment, je mentionne le fait que l'on peut d'ores-et-déjà annuler le rendez-vous au motif que rien ne sera signé lors de cet entretien, mais mon interlocutrice esquive et se contente de me demander d'être présent.

Le jour du rendez-vous arrive, et là je vos débarquer deux vendeurs. Je n'ai pas d'autres mots pour les décrire ... des vendeurs, version années 70 qui vous vendaient les aspirateurs aux forceps, que rien n'arrête sauf la commission qu'ils vont générer.

Et effectivement, rien ne les a arrêté ...

On commence l'entretien et premières salves de n'importe quoi : ambiance on est potes, on me montre qu'on a tapé mon nom dans un moteur de recherche, on me balance des chiffres faux dans tous les sens.

Manque de chance, j'avais pris la peine de sortir leur note financière (l'avantage pour les sociétés cotées), et je corrige gentiment mon interlocuteur sur plusieurs points : non vous n'êtes pas 100 commerciaux mais 1200, non la société d'investissement n'est pas une web agency, etc.

Un peu désarçonnés d'être tombés sur un poisson un peu plus renseignés que le client moyen, il vont même à un moment de doute (bien vite oublié je vous rassure) me demander pourquoi je les reçois. Ma réponse est sincère et franche, je suis curieux de savoir où ils vont, de voir leur technique de A à Z.

Là, j'ai visiblement faché celui qui semble le plus senior des deux, et il insiste sur le fait qu'ils sont le service marketing (leur carte l'atteste d'ailleurs, de quel droit ai-je douté) et que Gandi doit se montrer digne de leur choix, en méritant le budget qui nous est alloué.

Je garde mon calme, leur signifie que s'ils sont vraiment du service marketing ils vont donc me donner de l'argent et pas le contraire, et que s'ils sont dans nos locaux, c'est que visiblement un choix a déjà été fait sur le sujet. Bien entendu, à la réponse "quels sont les critères qui président au choix des deux sociétés que vos choisissez par mois pour les faire profiter de vos largesses ?", la réponse a été évasive, et tournait autour de : "parce que vous avez un réel besoin et que vous nous ferez vendre des machines".

Ah ah ! On se rapprochait du but : que voulaient-ils en échange ?. A ce stade, il faut préciser que Gandi est une marque avec un certain crédit, et que nombre de sociétés, et pas des moindres, souhaitent s'associer à notre image. Dell, par exemple, fait partie des rares partenaires avec lesquels nous nous affichons. Donc rien d'anormal pour moi sur la demande. Sauf que non en fait : nous avons visiblement juste été sur un listing de cibles potentielles, point.

Après avoir arrêté, pour la troisième fois, mes interlocuteurs qui allaient se lancer dans le descriptif de leur offre produit, je leur ai instamment demandé de me dire précisément quel était l'échange. Ils savaient, puisque je leur avais détaillé d'entrée leur nombre de commerciaux et le fait que visiblement il y avait un paiement mensuel sur un contrat de quatre années, qu'ils ne pouvaient plus reculer.

Et là, découverte du pot aux roses : "nous vous installons les machines gratuitement, vous avez certes un fixe mensuel pour l'assurance du système, mais il sera intégralement remboursé par les commissions que nous vous verserons sur les ventes faites grâce à vous".

Moi : "merci de votre réponse, je ne suis pas intéressé, fin de l'entretien. Merci d'être venus".

Et là, j'ai assisté ahuri à une scène surréaliste : mon interlocuteur dégaine son portable, et sans me demander appelle visiblement son patron et lui explique, en temps réel, que le monsieur Ramoin, de la société Gandi, et bien il est très méchant avec lui, et que non, il ne veut pas bénéficier de l'offre du siècle etc.

Je suis entre crise de rire et vrai malaise, parce que cette technique d'arnaque de vente est vieille comme le monde. Je me tate, pour savoir si je les laisse continuer le spectacle, et puis je décide que cela doit s'arrêter, leur demande poliment de se lever et de quitter la pièce.

La réaction est assez violente, je dois les menacer d'appeler la police pour les évacuer, donc une fin sinistre sur une histoire qui aurait pu être amusante.

Un bon conseil donc : même si la société est cotée, ne vous faites pas avoir par des techniques de ventes honteuses et refusez ces installations sauvages de lecteurs biométriques. Je suis personnellement abasourdi de voir que cela se passe en 2008 en France, avec une société cotée.

Seulement voilà, en dehors d'un signalement aux autorités, et d'un avertissement sur ce blog, je ne peux pas faire grand chose de plus que vous prévenir, vous, toutes les TPE/PME qui êtes des victimes potentielles ...

Bon maintenant au moins, si je disparais soudainement de la circulation, vous pourrez ajouter ces personnes sur la liste de ceux qui ont pu m'offrir des chaussures en béton. Ah bah oui, naître à Nice laisse des traces :)