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Les candidatures françaises pour les nouvelles extensions

Si le lancement des nouvelles extensions a connu bon nombre de soubresauts, tous les acteurs de l’Internet se tançaient ainsi du regard pour savoir quelle serait la première extension à être lancée, il est dorénavant en pleine effervescence. Pour rappel 54 dossiers de candidature pour les nouvelles extensions ont été déposés par des français. Nombreuses d’entre elles ont été retirées notamment par l’Oréal qui a procédé au retrait de la marque éponyme <.loreal>. 17 extensions seront gérées par l’AFNIC le registre du <.fr>.

Les extensions géographiques :

Le dessein de ces extensions se comprend à l’aune du succès du <.cat> pour la Catalogne. Avoir une extension géographique permet ainsi de développer l’identité numérique d’une région afin d’augmenter d’autant le tourisme au sein de cette dernière. La demande pour ces extensions géographiques se posait alors avec une acuité certaine et provenait des collectivités locales elles-mêmes. Ces extensions sont également l’occasion pour une entreprise dont le siège local est historiquement situé dans une ère géographique particulière de revendiquer son attachement à cette dernière. On pense à un <armorlux.bzh> par exemple particulièrement évocateur à l’heure où le « made in France » est porté en étendard.

L’Observatoire de l’AFNIC ayant récemment observé un taux de corrélation élevé entre le nombre d’entreprises créées et le nombre de réservation de noms de domaine en <.fr>, de l’ordre de 90%, il sera intéressant de voir si corrélation il y a entre le nombre d’enregistrement d’extensions géographiques et le nombre de création de sociétés dans ces bassins régionaux.

Le processus de réservation des nouvelles extensions françaises :

Comme chacun sait, les conditions de réservation des nouvelles extensions ne sont pas monolithiques. Chaque déposant a défini au préalable les conditions de réservation de son extension. Pour les extensions dont l’opérateur technique de registre sera l’AFNIC comme le <.paris>, le <.corsica> et le <.bzh> un découpage tripartite a été opéré.

  1. Dans un premier temps, les partenaires historiques auront la préséance pour enregistrer ces dernières en raison de leur mission d’intérêt public ainsi que les titulaires de marques.
  2. Puis dans un second temps, les enregistrements seront ouverts aux titulaires de domaines identiques par exemple <vieillescharrues.bzh>.
  3. Enfin, la période d’ouverture générale au grand public aura lieu.

Sachez que l’AFNIC a mis en place un système d’appel à projets aux fins de figurer parmi les 100 premiers acquéreurs à pouvoir user de l’extension de la capitale. Deux systèmes d'appel à projets distincts sont ouverts jusqu'au début du mois de décembre prochain.

Les candidatures portant sur des marques et des termes génériques :

Sur les 54 candidatures hexagonales, les candidatures de l’Oréal représentaient près d’un quart de ces dernières. Cependant, au fil du temps, l’Oréal a dû aller à Canossa et retirer nombre de ses dossiers dont on ne sait s’ils sont le résultat des commentaires publics virulents de la part de ses concurrents tels que l’Occitane et Yves Rocher. Au total, 8 candidatures l’Oréal ont été retirées par le géant des cosmétiques à savoir le .欧莱雅 (.loreal en mandarin), le .loreal, le .kiehls, le .garnier, .maybelline, .kerastase, .redken et le .matrix. Des extensions génériques qui avaient pourtant elles aussi suscité l’ire des concurrents du même cœur de marché ont été conservées à savoir le .hair, le .beauty, le .salon et le .skin, certaines d’entre elles feront par ailleurs l’objet d’enchères en raison de l’existence de candidatures concurrentes. Enfin, demeure le .lancome marque appartenant à la branche luxe de l’Oréal qui connaît un succès certain à l’international et dont le nom est tiré de celui d’un château de l’Indre.

Si le nombre de candidatures des sociétés du CAC 40 se réduit à la portion congrue on compte parmi les candidatures de sociétés le .axa, le .mma qui vient de passer sous les fourches caudines de l’évaluation initiale, le .bnpparibas et le .cuisinella.

Le secteur du voyage et du loisir est représenté par la candidature du Club Med pour le <.clubmed>. L'extension sera uniquement réservée au Club Med et ses sociétés affiliées afin d'éviter toute utilisation par des tiers malintentionnés de la marque hôtelière. Que vous rêviez de sable chaud et de l'eau cristalline des Maldives, de voyage en Grèce ou d'alpages Suisses, vous serez certains que les domaines <.clubmed> appartiennent à l'entreprise du même nom. Les candidatures restrictives proposées par les titulaires de droits permettent donc in fine de rasséréner le consommateur qui n'aura plus à craindre de faire l'objet de phishing.

L’entreprise française Starting Dot, qu'on pourrait qualifier de société ad hoc puisque spécialement créée aux fins de soutenir 4 nouvelles extensions, a quant à elle proposé des candidatures génériques à savoir le .immo, le .ski, le .archi et le .bio. Starting Dot a dû par ailleurs abandonner sa candidature pour le .design pour laquelle elle concourrait à ses prémisses.

Il n’en demeure pas moins que 2014 sera très certainement l’année du passage à témoin de l’ICANN aux registres des nouvelles extensions, le lancement du .paris étant prévu pour le second semestre 2014.