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La ruée vers l'or des nouvelles extensions

Il y a quelques mois, nous avions déjà publié un billet sur certaines évolutions de ce marché, et notamment le PPC (Pay Per Click), où comment acheter des millions de noms de domaines pour polluer Internet avec des sites dont la seule vocation est de vous servir une pleine page de publicité. Et empocher des millions sur le dos des internautes que nous sommes, plutôt que de faire son travail de notaire virtuel avec honnêteté (mais cela paye moins).

Cette "évolution", dont personnellement il me semble que l'on puisse davantage parler de "régression", est depuis bien évidemment devenue un facteur de croissance important de la majorité des acteurs de ce marché. Sauf pour nous, mais vous le saviez déjà.

Comme vous avez pu le voir dans le magazine "Les Echos" dans lequel votre modeste serviteur est cité, l'Icann vient d'annoncer une certaine libéralisation dans l'ouverture de nouvelles extensions. Bientôt, coexisteront des dizaines, voire des centaines de nouvelles d'entre elles, au côté des plus connues actuellement (.com, .net, .org, .info, .de, .fr ...), et ce grâce à un système de sélection assez peu discriminant ($70k de capital, et une assurance à hauteur de $500k).

L'ampleur de l'excitation de la part des professionnels du marché (Hébergeurs, bureaux d'enregistrement, et également des Registres déjà installés) est indescriptible. En ce moment même, dans les couloirs de cette convention Icann à Paris, beaucoup sont uniquement motivés à monter leur projet de nouvelle extension, celle qui les fera encore plus riches qu'ils ne le sont déjà.

Et je vous assure, cela vaut son pesant de cacahuètes à regarder. J'avais employé le terme de Far West ? J'aurai dû utiliser celui de ruée vers l'or !

Il n'est cependant pas question ici de sarcasmes : je le répète, nous considérons cela comme une chance supplémentaire pour tous de se faire sa propre place sur Internet, son "chez soi" de la manière la plus professionnelle et personnalisée possible. Et nous espérons que dans la durée, notre marque sera à l'esprit des personnes et sociétés pour se faire.

Je souhaitais simplement préciser à nos clients, à nos collègues chez Gandi, à nos actionnaires, à nos concurrents ainsi qu'à tous ceux qui pensent à nous pour devenir Registre d'une extension que NON, nous ne souhaitons pas céder à la mode du mélange des genres (bon juste pour le .gandi, mais cela a peu de chance de se faire^^) : nous nous contenterons de vendre les extensions, pas de les faire.

Notre souhait est d'être irréprochables sur notre service, et nous ne pourrons jamais l'être si nous sommes à la fois juge et partie, fournisseur et revendeur, autorité de régulation et distributeur. Un notaire ne peut être en même temps agent immobilier et publiciste : c'est exactement, en tout cas pour nous, le même problème appliqué aux adresses Internet et aux sites qui sont dessus.

Or c'est ce qu'il est en train d'arriver depuis quelques années, parce que tous les acteurs pensent que le marché est tellement stupide qu'il ne se réveillera pas un jour de sa torpeur. Nous parions sur le contraire sur le long terme, et le retour de bâton sera sans doute sanglant pour certains. Au minimum, au moins pouvons-nous faire ce métier la tête haute, et cela est "priceless" (en anglais dans le texte).

On l'aura compris, l'Icann vient donc de décupler ce phénomène de spéculation à outrance, en ouvrant la boite de Pandore des nouvelles extensions.

Sans doute était-ce impossible de déterminer des règles exigeant le non cumul des mandats dans un marché si porteur et contrôlé par quelques dizaines de personnes dans le monde?. Sans doute aussi, l'apparition de nouveaux acteurs, venant de nouveaux horizons et alléchés par les perspectives, permettra de tendre vers une normalisation "vers le haut" de ce marché.

Ou pas.

Quoi qu'il arrive, nous serons toujours là pour ceux qui voudront nous accorder leur confiance, la même que nous essayons d'honorer avec ce genre de prise de position.