Bien qu’aucune ville ne soit à l’abri des répercussions mondiales du changement climatique, certaines s’en sortent mieux que d’autres en matière de préparation. Un rapport d’AlphaGeo, entreprise spécialisée en intelligence artificielle géospatiale, met en évidence celles qui savent affronter la tempête et celles qui, en revanche, restent vulnérables.
AlphaGeo a analysé 72 des plus grandes villes du monde à travers le prisme de son Climate Risk & Resilience Index (CRRI), qui distingue l’exposition physique brute aux risques climatiques — tels que l’élévation du niveau des mers et les phénomènes météorologiques extrêmes — du risque ajusté en fonction de la résilience (RAJ). Le but de l’entreprise est de « révéler quelles villes bénéficient réellement d’une protection et quelles présentent un écart dangereux entre leur profil de risque et leur capacité d’adaptation », selon le rapport.
Avant d’entrer dans les chiffres, expliquons ce que tout cela signifie. Le score de risque physique d’une ville mesure sa vulnérabilité face aux aléas climatiques sur une échelle de 0 à 100, où 0 représente le niveau de risque le plus faible et 100 le plus élevé. Son score RAJ est le score de risque physique ajusté à la baisse pour tenir compte des mesures d’adaptation déjà en place, telles que des infrastructures résilientes, des systèmes d’alerte précoce, une bonne gouvernance et des réponses politiques. Plus le score RAJ est bas, plus la ville est résiliente.
AlphaGeo a aussi calculé le taux d’adaptation de chaque ville. Cela se fait d’abord en calculant le delta d’adaptation (la différence entre le score de risque physique d’une ville et son score RAJ), puis en divisant ce delta d’adaptation par le score de risque physique et en multipliant par 100 pour exprimer la réduction du risque en pourcentage. Si une ville affiche un taux d’adaptation de 25 %, cela signifie, par exemple, que ses mesures d’adaptation existantes réduisent d’environ 25 % son risque physique.
Sur cette base, voici les villes les plus et les moins résilientes face au climat que AlphaGeo a évaluées. La liste complète est disponible dans le rapport.
Les villes les plus résilientes face au climat
| Ville | Pays | Score de risque physique | Score RAJ | Delta | Taux d’adaptation |
| Chicago | USA | 12 | 8 | 4 | 33.3% |
| Addis Ababa | Éthiopie | 15 | 10 | 5 | 33.3% |
| Melbourne | Australie | 14 | 11 | 3 | 21.4% |
| Barcelone | Espagne | 17 | 11 | 6 | 35.3% |
| Ankara | Turquie | 19 | 11 | 8 | 42.1% |
| Buenos Aires | Argentine | 19 | 12 | 7 | 36.8% |
| Paris | France | 15 | 12 | 3 | 20% |
| Istanbul | Turquie | 20 | 13 | 7 | 35% |
| Bogotà | Colombie | 18 | 13 | 5 | 27.8% |
Source : AlphaGeo
Les villes les moins résilientes face au climat
| Ville | Pays | Score de risque physique | Score RAJ | Delta | Taux d’adaptation |
| Ahmedabad | Inde | 62 | 41 | 21 | 33.9% |
| Hyderabad | Pakistan | 53 | 41 | 12 | 22.6% |
| Multan | Pakistan | 46 | 38 | 8 | 17.4% |
| Dhaka | Bangladesh | 60 | 36 | 24 | 40% |
| Lahore | Pakistan | 46 | 35 | 11 | 23.9% |
| Kolkata | Inde | 51 | 35 | 16 | 31.4% |
| Faisalabad | Pakistan | 43 | 34 | 9 | 20.9% |
| Karachi | Pakistan | 46 | 32 | 14 | 30.4% |
| Chittagong | Bangladesh | 46 | 30 | 16 | 34.8% |
Source : AlphaGeo
Ahmedabad et Karachi se distinguent ainsi comme les villes les moins résilientes sur la liste, affichant des scores de risque physique particulièrement élevés et des capacités d’adaptation relativement limitées, ce qui se traduit par des taux d’adaptation modestes et des écarts marqués entre le risque et la protection déjà en place. En revanche, les villes les plus vulnérables se situent majoritairement en Asie du Sud et dans la région pakistanaise, où les défis climatiques — vagues de chaleur extrêmes, moussons capricieuses et élévation du niveau de la mer — pèsent lourdement sur les infrastructures et les capacités d’adaptation, avec des taux qui restent relativement faibles face à l’ampleur des risques.
AlphaGeo précise que ces scores reflètent des moyennes à l’échelle urbaine. « Le risque climatique peut varier au sein des villes, jusqu’au niveau des quartiers ou des rues », indique le rapport. L’entreprise a mis au point une plateforme distincte qui permet d’explorer l’une de ces 72 villes avec un niveau de détail plus fin, via un essai gratuit sans engagement.
Alors que les températures mondiales continuent d’augmenter, comprendre quelles villes sont les plus vulnérables face aux dangers climatiques devient une préoccupation croissante jour après jour. Lutter contre cette crise exigera à la fois une coopération internationale et des actions locales pour s’adapter à un monde plus chaud.