Le président Trump en a assez que l’on s’en prenne à l’industrie de l’IA, c’est pourquoi il va former une « Force IA » et nommer un « Czar de l’IA ».
Dans une tirade décousue publiée sur son compte Truth Social, Trump a affirmé qu’il « ne resterait pas les bras croisés » pendant que « la gauche radicale » appelle à « la décimation, ou la destruction, de l’IA ». C’est pourquoi il affirme qu’il va former la Force IA et qu’il nommera bientôt un Czar de l’IA, un poste que le capital-risqueur David Sacks occupait dans son administration jusqu’à son départ plus tôt cette année.
« Seuls les individus à haut QI devront postuler pour le poste de Czar de l’IA », a déclaré Trump.
Le président n’a pas donné de détails sur ce que ferait exactement ce groupe de travail dédié à l’IA, si ce qu’il ferait serait surtout comparable à la Space Force, la nouvelle branche des Forces armées américaines créée par Trump au cours de son premier mandat. La mission auto-désignée de la Space Force est de sécuriser les intérêts américains dans l’espace, ce qui, dans les faits, s’est traduit par la gestion des lancements spatiaux et l’acquisition d’armes en prévision d’un conflit dans l’espace. Compte tenu de l’empressement de l’administration Trump à déployer l’IA au sein des organisations militaires américaines, malgré des appels signalés comme quasi-catastrophiques en raison d’hallucinations, la Force IA pourrait peut-être inclure de l’IA militaire parmi ses domaines de responsabilité.
« Nous n’entraverons en rien ni ne freinerons la croissance de cette industrie incroyable. Bien au contraire, nous la chérirons, l’aiderons et la surveillerons au fur et à mesure qu’elle se développera ! » a déclaré Trump dans son explication vague de la nouvelle initiative. « Cependant, nous chercherons également les MAUVAIS, et nous pouvons le faire très facilement, avec notre système de justice pénale et civile déjà en place. »
L’industrie technologique n’avait pas été informée avant cette annonce et se montre tout aussi déconcertée, selon Politico.
L’annonce de Trump intervient alors que des initiés de l’IA et des dirigeants d’entreprises tirent eux-mêmes la sonnette d’alarme sur la trajectoire rapide du développement de l’IA. Plus tôt ce mois-ci, un ancien employé d’Anthropic, Jacob Coxon, a publié sur les réseaux sociaux qu’il avait démissionné et a affirmé que « les personnes qui construisent l’IA croient sincèrement qu’elle pourrait nous tuer tous d’ici la fin de la décennie ». Quelques jours plus tard, le patron de Coxon, le PDG d’Anthropic, Dario Amodei, a publié un essai avertissant que le rythme actuel du développement de l’IA allait trop vite et appelant le gouvernement à intervenir pour faciliter un ralentissement. Les dirigeants concurrents, le PDG de SpaceX, Elon Musk, et le PDG d’OpenAI, Sam Altman, ont exprimé leur accord avec l’analyse d’Amodei, tandis que les critiques ont décrit ces appels comme soit des tentatives discrètes d’obtenir une régulation favorable de Washington, soit une doomsaying classique de l’IA destinée à étouffer l’innovation.
Trump lui-même a soutenu que tout l’argument “l’IA se développe trop vite; nous devons ralentir” est une arnaque et il a qualifié la surveillance publique croissante contre un développement non régulé de l’IA et l’expansion des centres de données de « conspiration malade » qui ne profite qu’à la Chine. Dans son dernier post sur Truth Social, il a réaffirmé ses affirmations selon lesquelles les effets négatifs signalés des centres de données d’IA sur les communautés locales seraient un their, et qu’en réalité ils ne mèneraient qu’à « des salaires plus élevés, moins d’impôts et des rues plus sûres ».
Pourtant, l’anxiété du public face au développement de l’IA n’est pas apaisée, ce qui pourrait mettre une pression supplémentaire sur le président pour agir face aux craintes apocalyptiques liées à l’IA, ou du moins donner l’impression qu’il agit, surtout avec le sujet qui devient un point de sondage majeur à l’approche d’une série d’élections de mi-mandat très importantes en novembre.
Cet effort pourrait également inclure une dimension de relations publiques au nom de l’IA elle-même. Parallèlement à l’annonce de la Force IA, le président a aussi commencé une consultation en ligne sur son compte Truth Social au cours du week-end pour renommer « l’intelligence artificielle ». Il n’en retient pour le moment que deux options au dimanche : Intelligence Supérieure (IS) ou Intelligence Extrême (IE).