La NASA envisage de réduire le rôle du SLS alors qu’elle se rapproche de SpaceX

mars 20, 2026

Dans le cadre du plan de la NASA visant à accélérer le calendrier d’Artemis, l’agence envisage de réduire le rôle de sa fusée héritée pour la Lune et de privilégier l’expansion du rôle de SpaceX dans l’atterrissage des astronautes sur la surface lunaire.

Sous une nouvelle proposition, la fusée Space Launch System (SLS) ne serait plus utilisée pour propulser le vaisseau Orion jusqu’en orbite lunaire. À la place, le Starship et Orion s’amarreraient en orbite terrestre, et la fusée de SpaceX serait ensuite chargée de propulser la capsule habitable vers l’orbite lunaire avant de transporter les astronautes vers la surface lunaire, selon un article de Bloomberg.

Le plan initial consistait à utiliser le SLS pour propulser Orion plus près de la Lune et pour réaliser une rendez-vous avec Starship en orbite lunaire. Suite à plusieurs retards et dépassements de coûts, la NASA chercherait peut-être à diminuer le rôle du SLS afin d’accélérer le programme Artemis et son alunissage. Parallèlement, l’agence renforce sa dépendance envers son partenaire commercial SpaceX pour livrer les astronautes à la surface lunaire.

Accelerated timeline

La direction récemment nommée de la NASA cherche à accélérer les choses pour le programme lunaire de l’agence. Fin février, l’administrateur de la NASA Jared Isaacman a annoncé une refonte majeure d’Artemis, en ajoutant un vol supplémentaire en 2027, dans le cadre d’Artemis 3, comme vol-test des atterrisseurs lunaires commerciaux en orbite terrestre.

La fusée SLS pesant 5,75 millions de livres, conçue et développée par Boeing, est essentielle au programme lunaire de la NASA. Mais des problèmes persistants ont miné la fusée depuis les préparatifs du lancement d’Artemis 1 en 2022 et ont contraint l’agence à retarder la mission Artemis 2 habitée.

Sous un contrat de 3,2 milliards de dollars, Boeing avait pour tâche de produire le cœur et les étages supérieurs du SLS pour Artemis 3 à 6 et les Étages Supplémentaires d’Exploration (EUS) pour Artemis 5 et 6. Plus tôt ce mois-ci, l’agence a indiqué qu’elle ne financerait plus les EUS de Boeing en raison d’importants retards techniques. La NASA a également annulé les améliorations prévues du SLS, optant plutôt pour standardiser sa fusée lunaire dans l’espoir d’augmenter sa cadence de lancement.

Supporting role

Le dernier rapport constitue une autre réduction majeure pour le SLS, diminuant son rôle dans les futures missions lunaires de la NASA. Le SLS est censé lancer des astronautes vers l’orbite lunaire en avril pour la mission Artemis 2, mais il pourrait n’être chargé que de placer la capsule Orion habitée sur une orbite terrestre par la suite (l’envoi des astronautes sur la Lune est un processus en deux temps : amener l’équipage sur l’orbite terrestre et, après cela, les envoyer sur une trajectoire vers la Lune).

Le Starship de SpaceX devra alors prendre le relais, s’amarrant en orbite terrestre et prenant le relais par la suite. Le vaisseau de la société est encore en cours de développement, ayant réalisé 11 vols d’essai suborbitaux mais n’ayant pas encore atteint des altitudes orbitales.

SpaceX et Blue Origin sont également chargés de développer des atterrisseurs destinés à transporter les astronautes de l’orbite lunaire jusqu’à la surface de la Lune. Un rapport récent du bureau du contrôleur général de la NASA souligne que le système d’atterrissage humain de Starship fait face à d’importants retards et qu’il est peu probable d’être prêt avant le lancement de la mission Artemis 3 en 2027.

Isaacman rencontrera les entreprises travaillant sur Artemis et sur le programme du Système d’atterrissage humain (HLS) pour faire le point sur leurs progrès, selon Bloomberg.

Dans le cadre du nouveau plan de la NASA, Artemis 4, dont le lancement est provisoirement prévu pour 2028, représenterait la première tentative de l’agence d’atterrir des astronautes sur la Lune depuis plus de 50 ans. NASA vise également deux atterrissages lunaires en l’espace de 10 mois, accélérant le calendrier Artemis afin d’aider à instaurer une présence durable sur la Lune.

Isaacman a également récemment dévoilé un plan ambitieux consistant à réaliser des missions lunaires sur une base mensuelle en 2027 dans le cadre des efforts de l’agence pour bâtir une base lunaire.

Le nouveau calendrier accéléré présente des défis et exige que la NASA et ses partenaires commerciaux parviennent à livrer plusieurs éléments non testés des missions Artemis.

Gandi Shah

Entrepreneur franco-indien basé à Paris, je suis passionné par l’informatique et l’écosystème technologique depuis de nombreuses années. À travers Le Bar de Gandi, je partage mes analyses, mes découvertes d’outils et mon regard sur les innovations qui façonnent le monde numérique. Mon objectif est simple : expliquer la tech de manière claire et mettre en lumière les tendances qui comptent vraiment.