La France va abandonner Windows de Microsoft alors que la guerre européenne contre la tech américaine fait rage

avril 11, 2026

Il y a bel et bien un océan entre les États‑Unis et l’Europe, mais cette dernière aimerait vraiment mettre encore plus de distance entre les deux. Dans le dernier exemple d’un État européen cherchant à se défaire de sa dépendance vis‑à‑vis de l’Amérique (probablement un pari judicieux à ce stade), la France a annoncé qu’elle déplacerait une partie de ses systèmes gouvernementaux de Windows vers Linux.

Les détails sur ce changement restent maigres, mais TechCrunch rapporte que le démarrage se fera avec les postes utilisés par la Direction interministérielle du numérique (DINUM). Il n’existe pas encore de calendrier précis pour sevrer Windows, mais il est clair que le gouvernement souhaite se sentir moins dépendant des entreprises américaines qui étendent de plus en plus leurs tendances monopolistiques au-delà des frontières.

Dans une déclaration traduite, le ministre français David Amiel a qualifié le passage à Linux d’étant une partie d’une tentative du pays de « reprendre le contrôle de notre destin numérique ». Il a expliqué que la France « ne peut plus accepter que nos données, notre infrastructure et nos décisions stratégiques dépendent de solutions dont les règles, les tarifs, l’évolution et les risques ne sont pas maîtrisés », et a ajouté : « la souveraineté numérique n’est pas optionnelle ».

La France tente activement de rompre la chaîne qui la lie aux grands acteurs du numérique depuis quelque temps. Plus tôt cette année, le pays a annoncé qu’il interdirait aux agents publics d’utiliser des plateformes américaines de visioconférence, notamment Google Meet, Zoom et Teams. Lors d’une intervention à la Munich Security Conference plus tôt cette année, le président français Emmanuel Macron a déclaré : « Nous devons accélérer et livrer clairement tous les éléments d’un pouvoir géopolitique, dans la défense, dans la technologie, et dans la réduction des risques vis-à-vis de toutes les grandes puissances afin d’être beaucoup plus indépendants » — un message assez direct destiné au reste de l’Union européenne pour s’éloigner de l’Amérique.

Le découplage de l’industrie technologique américaine n’est pas une mince affaire. Alors que la Commission européenne travaillerait sur une législation visant à promouvoir la souveraineté technologique, des experts militaires ont averti que se débarrasser de la pile technologique américaine comporte des risques en matière de sécurité (et certainement, ces avertissements ne seraient pas sans intérêt personnel). Bien que cela représente une entreprise majeure, les sondages semblent indiquer que les dirigeants européens ont le soutien de la population pour abandonner la technologie américaine.

Il y aura certes quelques petites facilités qui disparaîtront en quittant Windows. Comme le note XDA Developers, passer à Linux obligera les agents du gouvernement français à adopter des logiciels open source pour remplacer l’écosystème Microsoft familier (et parfois agaçant). Cela signifie probablement abandonner Office 365 au profit de LibreOffice ou d’une autre alternative.

Quoi qu’il en soit, si la France réussit cette bascule, elle sera probablement une démonstration de protestation plus efficace que lorsque certaines régions des États‑Unis ont collectivement décidé d’appeler les frites « freedom fries » afin de punir le pays pour son refus de s’associer à l’invasion de l’Irak menée par l’Amérique. C’est un miracle que le monde ait toléré nos bêtises aussi longtemps.

Gandi Shah

Entrepreneur franco-indien basé à Paris, je suis passionné par l’informatique et l’écosystème technologique depuis de nombreuses années. À travers Le Bar de Gandi, je partage mes analyses, mes découvertes d’outils et mon regard sur les innovations qui façonnent le monde numérique. Mon objectif est simple : expliquer la tech de manière claire et mettre en lumière les tendances qui comptent vraiment.