Depuis son investiture, le président Trump mène une guerre contre les énergies renouvelables, s’appuyant sur le recul de certaines politiques, des retards dans l’octroi des permis et l’extension des concessions pétrolières et gazières pour ramener l’économie énergétique du pays vers les combustibles fossiles. Mais de nouvelles données suggèrent que ses efforts pourraient être vains.
Selon les données nationales de production d’électricité publiées par le think tank énergie Ember, les énergies renouvelables — comprenant l’éolien, le solaire, l’hydroélectricité et la bioénergie — ont produit plus d’un tiers de l’électricité américaine au Mois de mars 2026, dépassant le gaz naturel sur l’ensemble du mois pour la première fois. Le gaz naturel a été la principale source d’électricité du pays au cours de la dernière décennie, mais il semble qu’un nouveau champion soit en train de monter.
Pour être clair, un seul mois ne suffit pas à annoncer un changement durable. Ces données reflètent aussi une baisse saisonnière de la demande en électricité, le temps printanier doux réduisant généralement le besoin de chauffage au charbon et au gaz. Toutefois, selon Ember, la production issue des combustibles fossiles le mois dernier a chuté à son niveau le plus bas en mars depuis au moins 25 ans, tandis que la production des énergies renouvelables a atteint son plus haut niveau pour un mois de mars.
Ceci constitue une étape importante. Cela montre que l’écart entre les renouvelables et le gaz naturel s’est considérablement resserré à mesure que le solaire, l’éolien et les biocarburants se développent, malgré les efforts acharnés de Trump pour les entraver.
La croissance persistante des renouvelables
Dès le début de son second mandat, son administration a commencé à frapper le secteur des énergies renouvelables. La loi One Big Beautiful Bill Act, signée en juillet, a réduit de nombreuses crédits d’impôt pour les énergies propres et introduit de nouvelles restrictions, accroissant la pression sur les chaînes de développement de l’éolien et du solaire.
Même avant l’adoption, les changements proposés et l’incertitude entourant les tarifs de Trump ont contribué à une chute de 36 % des investissements dans l’éolien et le solaire au premier semestre 2025 par rapport aux six mois précédents. Malgré cela, les renouvelables ont continué à dominer la croissance de la capacité énergétique américaine, représentant 93 % des ajouts jusqu’en septembre 2025 — principalement en raison de l’expansion rapide du solaire.
Aujourd’hui, l’énergie renouvelable demeure le secteur énergétique à la croissance la plus rapide aux États‑Unis, avec le solaire en tête. L’administration Trump continue de freiner le développement, en prenant des mesures drastiques pour saboter des projets d’éolien offshore, en affaiblissant le pouvoir réglementaire de l’Environmental Protection Agency sur les émissions de carbone, en ouvrant de nouvelles zones de location pétrolière et gazière, et bien plus encore.
Cependant, l’Energy Information Administration prévoit que le solaire, l’éolien et les batteries représenteront 93 % de la capacité ajoutée au réseau électrique cette année.
Les combustibles fossiles prêts à durer
C’est un progrès encourageant, mais à mesure que la demande énergétique américaine grimpe, les combustibles fossiles restent en soutien.
Les centrales à charbon, sur le point d’être mises au rebut, voient leur durée d’exploitation prolongée, en grande partie en raison de la croissance des centres de données alimentés par l’IA. De plus, de nombreuses entreprises technologiques installent des générateurs diesel ou au gaz naturel dans leurs centres de données pour contourner le réseau.
À l’échelle mondiale, l’Agence internationale de l’énergie prévoit que les renouvelables couvriront près de la moitié de la demande d’énergie additionnelle générée par l’IA au cours des cinq prochaines années. Aux États‑Unis, toutefois, ce ne serait peut‑être pas le cas. Les efforts de l’administration Trump pour freiner la croissance des énergies renouvelables pourraient limiter la capacité du secteur à répondre aux besoins énergétiques croissants liés à l’IA.
Cempli, l’étape de mars laisse entrevoir que les renouvelables restent fortement compétitives dans le mix énergétique américain — du moins pour l’instant.