Les enceintes Wi‑Fi occupent l’actualité en ce moment. Un peu plus d’un mois après, Sonos est revenu sur le devant de la scène hardware avec les enceintes Play et Era 100 SL, deux modèles qui s’inscrivent de manière solide et convaincante dans l’univers des enceintes Wi‑Fi. Denon s’est également mêlé à la partie avec une nouvelle trio d’enceintes Wi‑Fi au design épuré qui, sur le papier, donnent du fil à retordre à Sonos.
Et maintenant—comme si Sonos avait déjà assez de raisons de s’inquiéter—c’est au tour de Bose de viser le trône des enceintes Wi‑Fi avec sa Lifestyle Ultra Speaker à 299 $, et croyez-le, elle ne déçoit pas.
Faisant transpirer Sonos
Si Sonos est votre référence directe—et cela arrivera probablement compte tenu des caractéristiques et du tarif du Lifestyle Ultra Speaker—l’offre de Bose ressemble à un croisement entre le Sonos Play et l’Era 100 SL. Tout d’abord, le Lifestyle Ultra Speaker est câblé (il n’a pas d’autonomie batterie), tout comme la Sonos Era 100, ce qui signifie que, contrairement au Play, vous ne l’emporterez probablement pas au parc sans générateur. Cela reste acceptable, car ce sont des enceintes Wi‑Fi, c’est‑à‑dire qu’elles fonctionnent mieux lorsqu’elles sont connectées à votre réseau domestique plutôt que de se contenter de diffuser de la musique en Bluetooth à l’ancienne.
La nature câblée confère également au Lifestyle Ultra Speaker une puissance qui lui permet d’opter pour une configuration de pilotes impressionnante : un woofer et un tweeter orientés vers l’avant, ainsi qu’un haut-parleur orienté vers le haut, ce que Bose appelle… un twiddler. C’est malheureusement un terme réel que Bose utilise pour décrire la combinaison d’un tweeter et d’un driver médium. Malgré ce nom pour le moins discutable, c’est bien ce driver qui confère à l’enceinte son caractère particulier. Avec un son projeté vers le haut, le Lifestyle Ultra Speaker gagne une véritable impression d’espace et de hauteur, ce qui le fait sonner plus grand qu’il ne l’est en réalité.
Cette impression d’espace s’est imposée dès ma première démonstration et s’est confirmée lors de mes tests à domicile. Je qualifierais les enceintes câblées de Bose de « remplissant la pièce », tant par le raffinement du rendu sonore que par le volume produit. Dans mon appartement de taille modeste, je n’ai guère ressenti le besoin de pousser le Lifestyle Ultra Speaker au-delà de la moitié du volume—à 75 %, je commençais à craindre les plaintes pour nuisance sonore.

Et peu importe le volume, j’étais ravi par la qualité sonore. En écoutant des morceaux de rock comme « Any Major Dude Will Tell You » de Steely Dan, j’ai adoré la séparation entre les chansons. Chaque élément a de l’espace pour respirer ; les voix sont claires et nettes, les claviers bien séparés des guitares. Les graves, spectaculaires et maîtrisés, restent profonds et puissants malgré la taille modeste du Lifestyle Ultra Speaker. Ce grave bien exécuté est dû à la technologie « CleanBass » de Bose, qui exploite le woofer du haut-parleur, l’ouverture acoustique « QuietPort » et le traitement propre de Bose pour accentuer les basses sans distorsion ni impression trop artificielle.
Sur des morceaux électroniques comme « Da Funk » de Daft Punk, le Lifestyle Ultra Speaker ne faillit pas, délivrant des basses percutantes et des arpèges synthétiques croustillants, texturés et clairs. Dans mes essais, aucun genre ne m’a donné l’impression que Bose n’y arrivait pas. Aussi impressionnant qu’un Lifestyle Ultra Speaker puisse être pris seul, l’ajout d’un second appareil fait monter la qualité sonore en flèche. Tout comme le Sonos Play ou le Sonos Era 100 SL, il est possible de former des paires stéréo pour une meilleure séparation entre les morceaux. Bose m’a envoyé deux enceintes pour test et, une fois jumelées, il était difficile de revenir à une seule unité.

Globalement, on peut dire que l’expérience sonore du Lifestyle Ultra Speaker est irréprochable, mais comme tout ce qui touche au Wi‑Fi, la réussite dépend aussi du logiciel. Et côté logiciel, le positionnement de Bose est un peu moins limpide.
Quelques bugs côté Bose
Les enceintes Wi‑Fi présentent un intérêt certain sur le plan de la qualité sonore, de l’étendue et du support multi‑enceintes, mais si une dimension peut poser problème, ce serait le logiciel — en particulier les applications utilisées pour configurer et contrôler les enceintes. Si vous doutez encore, regardez Sonos qui a laissé pas mal de clients sur le carreau il y a quelques années après une catastrophe d’application qui a briqué des installations audio complètes à domicile.
Pour cette raison, certains pourraient hésiter à adopter une approche centrée sur le Wi‑Fi dans la famille Lifestyle de Bose, et mon expérience n’a pas complètement levé ce doute. Dans mes essais, j’ai rencontré quelques petits incidents ici et là, et bien qu’aucun ne m’ait donné envie de renvoyer mes unités chez Bose, ils sont parfois agaçants.
Quelques accrocs notables :
- Le jumelage stéréo ne fonctionnait pas immédiatement — un seul haut-parleur se faisait entendre à la fois. Pour y remédier, il a fallu redémarrer les enceintes en les débranchant puis en les rebranchant après 30 secondes.
- Le jumelage stéréo se décalait et créait un offset entre les enceintes. Cela a également été résolu par redémarrage.
- Le son se coupait parfois lors de l’utilisation d’AirPlay pour diffuser de la musique spatiale sur Apple Music. Je n’ai pas eu ce souci sur Spotify.
- Une seule fois, l’application a crashé pendant l’installation.
- Le bouton play/pause dans l’application Bose était parfois inopérant — toucher ne produisait rien.
Autant lister les désagréments peut sembler lourd, l’avantage est que la plupart de ces bugs se résolvent soit par un redémarrage des enceintes, soit en fermant puis réouvrant l’application. Bose propose une mise à jour conséquente à télécharger avant la première utilisation de la Lifestyle Ultra Speaker, ce qui laisse penser que les principaux bugs seront corrigés, mais il faut être conscient qu’il n’est probablement pas possible d’avoir une expérience parfaitement fluide dès la sortie de boîte.

Lorsque l’application Bose fonctionne comme prévu, configurer les enceintes et les piloter se fait sans accroc. L’interface de jumelage stéréo est intuitive — il suffit de sélectionner l’enceinte dans l’application Bose puis d’aller dans « configurer » et d’ajouter un haut-parleur. À partir de là, vous pouvez indiquer laquelle est à gauche ou à droite en émettant un son de ping, puis finaliser lorsque vous êtes prêt. Vous pouvez aussi utiliser deux Lifestyle Ultra Speakers comme enceintes arrière pour la Lifestyle Ultra Soundbar. Si vous souhaitez les configurer pour un système home cinéma, l’application vous posera la question dès le démarrage initial, et vous pourrez avancer. (Note : gardez à l’esprit que la gamme Lifestyle n’est pas rétrocompatible avec les barres de son Bose existantes, donc ne vous attendez pas à les faire fonctionner ensemble avec des appareils plus anciens.)
Il existe des options d’égalisation dans l’application Bose si vous aimez ajuster le grave, les aigus et même la hauteur du son produit par le haut‑parleur orienté vers le haut. Il y a aussi un bouton Source pour choisir les entrées comme Bluetooth ou votre téléphone, et un bouton d’alimentation pour éteindre les enceintes si nécessaire. Vous pouvez passer des morceaux et lancer/mettre en pause dans l’application, ou si vous préférez les commandes physiques, sur le dessus de l’enceinte il y a des touches tactiles pour lire/pause, le volume, le Bluetooth et l’activation/désactivation du microphone intégré. Elles fonctionnent correctement, même si elles ne figurent pas parmi mes boutons favoris — elles donnent parfois une impression de latence, en particulier le bouton play/pause.

En fin de compte, l’expérience Bose se révèle correcte. Puis-je garantir que Bose ne fera pas exploser l’application par accident plus tard, comme ce fut le cas pour Sonos ? Évidemment non. Ni puis‑je promettre qu’elle sera parfaitement fluide à tout moment. Cela dit, les défauts rencontrés n’étaient pas suffisants pour me convaincre que Bose est dépassé ou que l’investissement dans un système Wi‑Fi Bose serait une mauvaise idée. Pour moi, ce sont des petites bizarreries typiques d’un nouvel écosystème de produits; toutefois si vous craignez les désagréments, vous pouvez toujours attendre et observer l’évolution des choses.
Gros billets chez Bose ?
Évidemment, la Lifestyle Ultra Speaker de Bose n’est pas donnée, d’autant plus que son potentiel réel se libère quand on en achète deux. À 299 $ (349 $ pour la couleur Driftwood Sand), elle est aussi plus chère que des concurrentes comme le Sonos Era 100 à 220 $ et le Sonos Era 100 SL à 180 $ (ce dernier ne dispose pas d’assistant vocal). Pour 80 à 120 dollars de plus, on obtient toutefois une excellente valeur.
La Lifestyle Ultra Speaker de Bose offre un son imposant et convient parfaitement à l’audio spatial ; si une barre de son Bose figure sur votre liste, elle fonctionnera harmonieusement avec elle. Une approche software résolument ouverte et agnostique freine aussi un peu le coût supplémentaire. Pour l’instant, Bose semble vouloir privilégier les plateformes — AirPlay, Spotify Connect et Google Cast — et je pense que c’est le bon choix.
Oui, il est certain que des accrocs apparaîtront au fur et à mesure que Bose migre son application pour prendre en charge sa gamme Lifestyle, mais je ne crains pas que Bose se retrouve dépassé ou que l’investissement dans une solution Wi‑Fi Bose soit une mauvaise affaire. Pour qui dispose du budget et de l’envie d’un hi‑fi domestique, Bose pourrait bien être le choix privilégié par rapport à Sonos.
Cet article a été mis à jour pour préciser que le son spatial avec Dolby Atmos n’est pris en charge que lorsqu’il est associé à la Lifestyle Ultra Soundbar de Bose.