Le tabagisme passif tue encore 1,7 million de personnes chaque année

septembre 09, 2026

Le tabagisme par cigarette est devenu plus impopulaire que jamais aux États-Unis, notamment chez les adolescents. Des recherches publiées cette semaine montrent toutefois qu’il tue encore indirectement un grand nombre de personnes dans le monde via le tabagisme passif.

Une équipe internationale de chercheurs a examiné les données de centaines de pays. Ils ont estimé que le tabagisme passif serait responsable d’environ 1,7 million de décès dans le monde en 2023. Et bien que la prévalence de l’exposition au tabagisme passif ait diminué au fil du temps, des milliards de personnes continuent à en absorber régulièrement les fumées, selon leur étude.

« Nous avons estimé que le tabagisme passif demeure un moteur substantiel de perte de santé mondiale, en particulier à travers les maladies cardiovasculaires et les affections respiratoires chez les enfants », écrivent les auteurs dans leur article publié lundi dans The Lancet Public Health.

Une charge mondiale

Ces résultats constituent les dernières contributions de l’étude Global Burden of Diseases (GBD), un programme de recherche de longue date qui cherche à suivre la prévalence et les dommages causés par de nombreuses conditions et maladies. Le projet est généralement géré par l’Institut pour les métriques et l’évaluation de la santé (IHME) à l’Université de Washington. Cette étude réunit des scientifiques des États‑Unis, du Canada, du Nigeria et du Japon, pour n’en citer que quelques-uns.

L’équipe a examiné les données de santé et de mortalité dans 204 pays entre 1990 et 2023. Sur cette base, environ 2,71 milliards de personnes ont été exposées au tabagisme passif en 2023, selon leur estimation, y compris 767 millions d’enfants de moins de 15 ans. Le tabagisme passif a aussi provoqué environ 1,7 million de décès cette année-là, ainsi que 44,8 millions d’années de vie perdues en bonne santé, ou années de vie perdues en bonne santé (DALYs). Les pays d’Asie du Sud-Est, d’Asie de l’Est et d’Océanie présentaient les niveaux les plus élevés d’exposition au tabagisme passif, suivis par l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient.

La maladie coronarienne ischémique a été le principal contributeur à l’invalidité associée au tabagisme passif, tandis que les infections respiratoires basses ont été la plus grande cause d’invalidité chez les enfants, en particulier. Pour la première fois dans le cadre du projet GBD, les chercheurs ont aussi suivi comment le tabagisme passif influe sur le risque d’asthme. L’asthme représentait plus de 3% des DALYs associés au tabagisme passif dans l’ensemble, mais comptait pour davantage de DALYs chez les enfants (environ 6%).

Le danger persistant du tabagisme passif

Alors que le tabagisme a perdu de sa popularité dans de nombreuses régions du monde, il demeure une menace réelle pour la santé, affirment les chercheurs.

Après ajustement selon l’âge, la prévalence mondiale du tabagisme passif a diminué de 22% entre 1990 et 2023. Mais en raison de la croissance démographique, le nombre total de personnes exposées est resté à peu près stable. Importamment, les chercheurs notent que de nombreux pays disposent encore de peu ou pas de lois visant à dissuader le tabagisme dans les lieux publics, et encore moins à décourager le tabagisme en général.

« Comme 70% de la population mondiale demeure non protégée par des lois complètes de tabagisme sans fumée, ces résultats soulignent la nécessité d’une mise en œuvre accélérée de l’Article 8 de la Convention-cadre des Nations unies sur la lutte antitabac (CCLAT) de l’OMS, ainsi que des mesures plus larges de contrôle du tabac pour réduire le tabagisme actif », ont-ils écrit.

Aux États‑Unis et dans d’autres pays, de telles lois et mesures ont entraîné une diminution substantielle du tabagisme au fil du temps, parallèlement à une baisse du cancer du poumon et d’autres affections liées. Par exemple, une étude publiée l’an dernier estimait que la réduction du tabagisme entre 1970 et 2022 aux États‑Unis avait entraîné environ 3,9 millions de décès par cancer du poumon de moins durant cette même période.

Gandi Shah

Entrepreneur franco-indien basé à Paris, je suis passionné par l’informatique et l’écosystème technologique depuis de nombreuses années. À travers Le Bar de Gandi, je partage mes analyses, mes découvertes d’outils et mon regard sur les innovations qui façonnent le monde numérique. Mon objectif est simple : expliquer la tech de manière claire et mettre en lumière les tendances qui comptent vraiment.