Cet été a apporté des records de chaleur sans précédent, mais de nouvelles recherches suggèrent que le problème ne se limite pas aux mois les plus chauds de l’année. Une étude récente montre que les épisodes de chaleur extrême deviennent de plus en plus fréquents non seulement durant l’été, mais aussi dans les mois qui le précèdent et le suivent.
Une équipe de chercheurs a analysé 45 années de données climatiques mondiales et a constaté que les journées de forte chaleur se sont étendues au printemps et à l’automne sur la moitié du globe depuis les années 1980. Les résultats, publiés dans AGU Advances, suggèrent que des températures dangereusement élevées ne se limitent plus au pic estival traditionnel.
Changement saisonnier
Cette semaine, la National Oceanic and Atmospheric Administration a annoncé que cet été — de juin à août — a été le plus chaud enregistré en 132 ans de relevés dans les 48 États contigus. À l’échelle mondiale, le mois d’août a établi un record mondial de chaleur et d’humidité.
Alors que la chaleur extrême devient plus fréquente, les recherches antérieures ont tendance à se focaliser sur les températures moyennes plutôt que sur le moment où surviennent les phénomènes climatiques. Les chercheurs à l’origine de cette nouvelle étude ont entrepris d’examiner les seuils de chaleur dangereux tout au long de l’année.
Ils ont d’abord mesuré les épisodes de chaleur extrême à l’échelle mondiale entre 1980 et 1989, puis comparé ces chiffres de référence à la décennie la plus récente, 2015–2024. L’équipe a constaté que les saisons de chaleur extrême s’étaient nettement étendues sur un peu plus de la moitié de la superficie terrestre pour la chaleur sèche et sur un peu moins de la moitié pour la chaleur humide.
L’analyse a également montré que l’expansion était asymétrique, les épisodes de chaleur extrême s’étendant plus loin dans le printemps dans certaines régions et dans l’automne dans d’autres. Dans l’ouest des États‑Unis, l’est de la Chine, le nord de l’Afrique et l’est de l’Europe, la chaleur extrême est devenue plus fréquente et plus rapide au cours des deux mois qui suivent l’été. En revanche, l’Europe de l’Ouest, l’Afrique australe et le nord-ouest de l’Inde ont connu des épisodes de chaleur extrême pendant les deux mois précédant l’été.
« Il existe des asymétries très nettes dans la façon dont les saisons de chaleur extrême s’étendent dans différentes parties du monde », a déclaré Catherine Ivanovich, climatologue au NASA Goddard Institute for Space Studies et principale autrice de cette nouvelle étude, dans un communiqué. « La chaleur extrême commence à devenir quelque chose de différent dans bon nombre de ces régions. »
Chaleur dangereuse
L’étude n’explique pas pourquoi ces phénomènes météorologiques extrêmes se produisent de manière inégale à travers le monde. Des conditions exceptionnellement chaudes en dehors de la saison sont rares et, par conséquent, difficiles à établir statistiquement, selon les chercheurs.
Les chercheurs ont testé si un simple réchauffement pouvait produire ce schéma ; les simulations climatiques ont pris en compte les variations au cœur de la saison chaude, mais pas l’asymétrie à ses marges. Quelle que soit la cause, l’étude avertit que les changements dans le calendrier saisonnier de la chaleur extrême ont des répercussions graves.
La chaleur extrême peut être particulièrement dangereuse lorsqu’elle survient avant que les personnes aient eu le temps de s’acclimater — ou persiste après qu’elles aient déjà enduré des mois de températures étouffantes. Elle peut aussi surprendre les communautés. Les centres de refroidissement, les alertes de chaleur et d’autres protections sont généralement conçus autour du calendrier estival, laissant les populations plus vulnérables lorsque la chaleur dangereuse survient plus tôt ou plus tard que prévu.
« Nous ne pouvons pas confirmer quelle part du signal est due au changement climatique uniquement à partir des observations », a déclaré Ivanovich, « mais c’est certainement la composante principale de l’histoire. »