Images satellites révèlent d’importantes fuites d’un puissant gaz à effet de serre

mars 19, 2026

Le méthane est l’un des gaz à effet de serre les plus puissants, captant environ 28 fois plus de chaleur dans l’atmosphère que le dioxyde de carbone. Localiser les sources de méthane est donc crucial pour atténuer le changement climatique, et une nouvelle analyse vient de cibler les 25 sites pétroliers et gaziers affichant les taux d’émissions de méthane les plus élevés à l’échelle mondiale.

Des chercheurs du Stop Methane Project de l’Université de Californie à Los Angeles ont utilisé les données de Carbon Mapper — une organisation à but non lucratif qui emploie des technologies de télédétection pour repérer et quantifier les émissions de méthane — afin de classer ces mégafuites. Elles se répartissent sur un petit nombre de pays, dont les États‑Unis, tandis que la majorité se situe au Turkménistan. À elle seule, une part impressionnante de 15 des 25 plus grandes fuites est concentrée dans cet État autoritaire.

« Sur une année, une source émettant 5 tonnes de méthane par heure (au milieu du peloton de notre liste des ‘top 25’) contribuerait à peu près autant au réchauffement planétaire qu’un million de SUV ou qu’une grande centrale électrique au charbon de 500 mégawatts », peut-on lire dans le communiqué du Stop Methane Project.

Repérage des méga-fuites de méthane

Les données sur les émissions de méthane de Carbon Mapper proviennent de deux observateurs terrestres : le satellite Tanager-1 de Planet Labs et l’instrument EMIT de la NASA installés à bord de la Station spatiale internationale. Les chercheurs de Carbon Mapper analysent les données brutes recueillies par ces instruments pour identifier les sources ponctuelles de méthane et en quantifier les taux d’émission.

Le classement du Stop Methane Project reflète les sources du secteur pétrolier et gazier présentant les 25 taux horaires d’émissions les plus élevés détectés entre le 1er janvier 2025 et le 31 décembre 2025. Les pays figurant sur la liste, classés du plus grand au moins grand nombre de méga-fuites, sont le Turkménistan, le Venezuela, l’Iran et les États‑Unis.

Seulement un site américain de pétrole et de gaz figure dans le top 25. Situé à Stanton, au Texas, les données de Carbon Mapper indiquent qu’il a émis 5,5 tonnes métriques de méthane par heure au cours de l’année 2025. Le Stop Methane Project a mené une « revue holistique des meilleures preuves publiques disponibles » afin d’identifier les opérateurs potentiels derrière les 25 sites et a conclu que la fuite texane proviendrait très probablement d’une des deux installations exploitées par la société énergétique américaine Energy Transfer. L’entreprise n’a pas répondu à la demande de commentaire de Gizmodo au moment de la publication.

Il n’est pas étonnant que les sites du Turkménistan dominent la liste. Des experts avaient auparavant déclaré au Guardian que l’échelle des émissions de méthane dans ce pays riche en pétrole et en gaz était « époustouflante ». Selon cette nouvelle analyse, les deux plus grands émetteurs de méthane au monde seraient probablement des installations exploitées par les deux sociétés énergétiques nationales du Turkménistan, Türkmennebit et Türkmengaz, dans la ville d’Esenguly. Les deux sites fuites ont émis plus de 10 tonnes métriques de méthane par heure en 2025.

Combler les fuites

Repérer les sources de ces fuites de méthane est essentiel pour réduire les émissions et limiter leur impact sur le climat. Identifier les pires contrevenants permet aux régulateurs de tenir les opérateurs pour responsables, d’imposer des limites d’émissions et d’appliquer les réparations.

Dans certains pays, ce que l’on dit est plus facile à dire qu’à faire. Au Turkménistan, le manque de transparence et d’action du gouvernement totalitaire face à la pollution par le méthane découle d’une dépendance économique profonde à l’exploitation des combustibles fossiles. En octobre 2025, le gouvernement disait que les émissions de méthane diminuaient, citant une supposée réduction de 60 % en 2023. Or, il est clair que le problème n’est pas réglé.

À mesure que les capacités de télédétection s’améliorent, il devient presque impossible pour l’industrie des combustibles fossiles de dissimuler ses émissions de méthane. La question qui se pose désormais est de savoir si les nations prendront les mesures nécessaires pour réduire ces émissions avant qu’il ne soit trop tard pour éviter les pires effets du changement climatique.

Gandi Shah

Entrepreneur franco-indien basé à Paris, je suis passionné par l’informatique et l’écosystème technologique depuis de nombreuses années. À travers Le Bar de Gandi, je partage mes analyses, mes découvertes d’outils et mon regard sur les innovations qui façonnent le monde numérique. Mon objectif est simple : expliquer la tech de manière claire et mettre en lumière les tendances qui comptent vraiment.