Surtaxe fédérale sur les VE: l’idée persiste et s’étend aux hybrides

mars 19, 2026

Le Congrès américain n’a pas fini de s’en prendre aux véhicules électriques après avoir réduit les incitations fédérales pour les consommateurs qui les achètent et pour les constructeurs qui les fabriquent l’année dernière. Alors qu’il explore jusqu’à 550 milliards de dollars pour un nouveau projet de loi sur le financement des infrastructures, le représentant chargé du Comité des Transports de la Chambre souhaite toujours ajouter une taxe pour les conducteurs qui n’achètent pas d’essence du tout — et peut-être même pour certains qui n’en consomment qu’un peu moins.

Le président du Comité des Transports et des Infrastructures de la Chambre, le représentant Sam Graves (R-Tarkio) du sixième district du Missouri, a déclaré lors d’un événement infrastructure de la Chambre de commerce des États‑Unis cette semaine qu’il prévoit de présenter le mois prochain un projet de loi pluriannuel qui comprendrait une taxe annuelle de 250 dollars pour les conducteurs de VE et une de 100 dollars pour les hybrides, selon Reuters. 

La surtaxe sur les hybrides est nouvelle, toutefois, et il n’est pas clair si l’objectif vise les hybrides rechargeables qui offrent désormais une autonomie utilisable pour les trajets quotidiens lorsque les conducteurs les branchent régulièrement (ce qui a été vivement contesté), ou s’il s’agit de tous les véhicules hybrides comme la Prius hybride non rechargeable de Toyota ou le Honda CR‑V Hybrid. Ces deux derniers modèles sont les formes que les consommateurs ont massivement adoptées cette année s’ils recherchent une meilleure économie de carburant mais ne sont pas encore prêts pour un véhicule entièrement électrique. 

Selon Tax Foundation, en août dernier, la plupart des États ajoutent une surtaxe d’immatriculation pour les VE, car, en plus de ne pas payer la taxe fédérale sur l’essence à chaque ravitaillement, ils ne paient pas non plus les taxes sur l’essence au niveau des États. Les revenus tirés de ces deux sources, théoriquement, alimentent des projets de transport locaux, étatiques et fédéraux, mais historiquement, la majorité va à l’amélioration et à l’entretien des autoroutes. Cela n’a pas toujours suffi à couvrir les réparations continues, puisque le Congrès n’a pas voté d’augmentation de la taxe fédérale depuis 1993, et elle n’est pas indexée sur l’inflation. 

Le moment où l’on discute d’une éventuelle taxe annuelle supplémentaire pour les conducteurs hybrides et VE tombe à un moment plutôt étrange. De nombreux consommateurs recherchent des véhicules qui consomment moins d’essence, voire n’en consomment pas du tout, en raison de la hausse rapide des prix du carburant depuis l’action militaire des États‑Unis en Iran. Cette action a provoqué une flambée des prix du pétrole, et la moyenne nationale pour un gallon d’essence ordinaire est de 3,72 dollars au moment de la rédaction, contre 2,92 dollars il y a un an, selon AAA. Les conducteurs en Arizona et au Nouveau‑Mexique ont été particulièrement touchés, avec des augmentations d’environ 40 cents semaine après semaine, selon GasBuddy. 

Il est encore plus étrange que certains politiciens envisagent de suspendre les taxes sur l’essence pour un soulagement temporaire face à la flambée des prix du carburant, comme en Californie où la taxe est de 61 cents le gallon, et l’essence se situe désormais en moyenne autour de 5,50 dollars le gallon pour l’essence ordinaire. Mais l’État applique une surtaxe annuelle d’immatriculation sur les VE.

Il n’est pas secret que la Maison-Blanche et les républicains du Congrès ont ciblé les VE au cours de l’année écoulée en supprimant les incitations fiscales pour les consommateurs, en réduisant les objectifs en matière d’économie de carburant en promouvant les véhicules alimentés à l’essence et, plus récemment, en rendant pratiquement impossible l’accès à 5 milliards de dollars du fonds national d’infrastructure pour les véhicules électriques en ajoutant une exigence de contenu domestique. Un frais annuel de 250 dollars est même moins cher que les 1 000 dollars que certains républicains avaient proposés l’année dernière avant que le crédit d’impôt de 7 500 dollars ne soit supprimé.

Gandi Shah

Entrepreneur franco-indien basé à Paris, je suis passionné par l’informatique et l’écosystème technologique depuis de nombreuses années. À travers Le Bar de Gandi, je partage mes analyses, mes découvertes d’outils et mon regard sur les innovations qui façonnent le monde numérique. Mon objectif est simple : expliquer la tech de manière claire et mettre en lumière les tendances qui comptent vraiment.