Satellite d’observation des océans repère un signe clé d’El Niño en croissance

juin 06, 2026

Depuis des mois, les météorologues suivent de près l’évolution d’El Niño, avertissant que l’épisode de cette année pourrait figurer parmi les plus forts jamais observés. Bien que le Pacifique demeure pour l’instant en état neutre ENSO, de nouvelles données satellitaires suggèrent que la transition vers El Niño est imminente.

Des mesures du niveau de la mer réalisées par le satellite Sentinel-6 Michael Freilich, développé grâce à un partenariat entre plusieurs agences américaines et européennes, montrent que des eaux plus chaudes se déplacent vers l’est à travers l’océan Pacifique. Vous pouvez voir ce phénomène — connu sous le nom de vague chaude Kelvin — dans l’animation ci-dessous, représenté par une tache blanche, rouge, orange et jaune qui se déplace vers l’est le long de l’équateur. Cette impulsion d’eau chaude est un précurseur bien connu d’El Niño.

La vague représentée dans l’animation est apparue au début du mois de mars et a atteint la côte nord-ouest de l’Amérique du Sud en mai. Selon la NASA, les données satellitaires indiquent que les eaux autour du Pérou étaient à plus de 5,9 pouces (15 centimètres) au-dessus de la moyenne à la mi-mai. Comme l’eau se dilate lorsqu’elle se réchauffe, cette augmentation de la hauteur de la surface de la mer signale une élévation de la température de surface des océans.

Ces données arrivent à un moment où les agences météorologiques deviennent de plus en plus confiantes quant à l’installation d’El Niño dans les semaines qui viennent. Il s’agit de la phase chaude du Niño Oscillation Australe (ENSO), un schéma climatique récurrent qui exerce une influence considérable sur les températures mondiales et les schémas météorologiques. Le dernier rapport de l’Organisation météorologique mondiale des Nations Unies exhorte les pays à se préparer à un épisode « potentiellement fort », qui augmenterait considérablement le risque de tempêtes extrêmes, d’inondations, de sécheresses et de vagues de chaleur.

Ça arrive

Au cours des dernières semaines, les projections des modèles sur la sévérité de cetEl Niño en développement se sont montrées de plus en plus pessimistes. Début mai, les scénarios les plus défavorables montraient des températures de surface de la mer Pacifique s’élevant à près de 7 degrés Fahrenheit (4 degrés Celsius) au-dessus des moyennes — bien au-delà du seuil d’un El Niño « très fort ». En conséquence, certains experts ont commencé à qualifier cet éventuel phénomène de « super » El Niño.

L’intensité de la vague Kelvin observée souligne à quel point le El Niño 2026-2027 pourrait être sévère. À la mi-mai, le météorologue Ben Noll a signalé que la vague transportait des eaux océaniques atteignant jusqu’à 13,5 °F (7,5 °C) au-dessus des moyennes dans certaines zones profondes de l’océan. Alors que cette eau chaude sous-jacente progresse vers l’est, elle supprime le processus de remontée d’eau profonde, empêchant l’eau froide et profonde de remonter à la surface. Cela entraîne une augmentation rapide des températures de surface des océans, annonçant l’arrivée d’El Niño.

Lors de cette phase du cycle ENSO, la chaleur superficielle en excès modifie la circulation atmosphérique, provoquant d’importants bouleversements des schémas météorologiques mondiaux. Des épisodes plus forts d’El Niño entraînent des effets climatiques plus marqués, car le Pacifique déverse davantage de chaleur dans l’atmosphère.

Noll et d’autres météorologues ont comparé la vague Kelvin actuelle à celle qui avait précédé le super El Niño de 1997-1998. Selon une estimation, cet épisode aurait entraîné des pertes de revenus mondiaux estimées à 5,7 trillions de dollars en raison des phénomènes climatiques extrêmes. Aujourd’hui, les événements El Niño se déroulent dans un système climatique influencé par des concentrations plus élevées de gaz à effet de serre, ce qui amplify les effets météorologiques associés à ce phénomène naturel.

Bien que toute la puissance de cet épisode reste à confirmer, tous les ingrédients pour un super El Niño semblent réunis. Alors que les météorologues continuent de surveiller les conditions dans le Pacifique, ils invitent déjà les décideurs et le public à se préparer à des extrêmes météorologiques dangereux.

Gandi Shah

Entrepreneur franco-indien basé à Paris, je suis passionné par l’informatique et l’écosystème technologique depuis de nombreuses années. À travers Le Bar de Gandi, je partage mes analyses, mes découvertes d’outils et mon regard sur les innovations qui façonnent le monde numérique. Mon objectif est simple : expliquer la tech de manière claire et mettre en lumière les tendances qui comptent vraiment.