Après un démarrage relativement lent de la saison des incendies de forêt au Canada, l’activité a explosé. D’immenses panaches de fumée réduisent la qualité de l’air en Ontario, au Québec et dans certaines parties du Midwest et du Nord-Est des États‑Unis, et dans certaines zones, la situation va empirer avant de s’améliorer.
Selon ce que signale jeudi matin le Centre interagences canadien de lutte contre les feux de forêt (CIFFC), 858 incendies brûlaient à travers le pays, dont 725 étaient considérés comme « hors de contrôle ». L’activité s’est accrue à partir de la fin du mois de juin, sous des conditions sèches et chaudes. La majeure partie des feux se situe au Québec, dans les Territoires du Nord-Ouest et en Ontario, générant d’immenses quantités de fumée qui se propagent vers le sud-est à travers le Canada et jusqu’aux États‑Unis. Détroit, dans le Michigan, subit aujourd’hui la pire qualité de l’air au monde, suivie par Toronto et Minneapolis, selon IQAir.
Trois villes vivent des conditions « dangereuses », ce qui signifie que l’ensemble de la population est exposé à un risque élevé d’irritations fortes et d’effets sanitaires négatifs susceptibles de déclencher des affections respiratoires et cardiovasculaires. Dans la région des Grands Lacs, le Nord-Est et le Midwest, l’indice de qualité de l’air varie de modéré à dangereux, principalement en raison de la fumée soufflant depuis l’ouest de l’Ontario. Plusieurs feux sauvages actifs dans le nord du Minnesota contribuent également à la dégradation de la qualité de l’air dans la région des Grands Lacs.
Les pires conditions restent à venir
Jusqu’à vendredi, les prévisionnistes estiment que plus de 115 millions de personnes seront exposées à une qualité de l’air malsaine, rapporte le météorologue Ben Noll pour le Washington Post. Le Service national météorologique a émis des alertes de qualité de l’air sur une large trajectoire du pays, avec des avertissements s’étendant du nord‑est du Montana jusqu’au Vermont et aussi loin au sud‑est vers la Virginie orientale.
À mesure que la fumée se déplace vers le Mid‑Atlantic et s’étend vers le Sud‑Est, engloutissant une grande partie de la Virginie et des parties de la Caroline du Nord, une qualité de l’air malsaine va apparaître brutalement jeudi soir et persister jusqu’à vendredi soir, selon Noll. Les prévisionnistes prévoient également qu’un deuxième panache de fumée dense descende sur New York et Boston au cours de la seconde moitié de jeudi, rapporte Noll. Alors qu’une grande partie du pays continue de souffrir d’une vague de chaleur, des températures supérieures à la normale favoriseront le confinement de la fumée près du sol.
« Il fait extrêmement chaud et la fumée des feux de forêt canadiens a aggravé notre qualité de l’air, ce qui signifie que les New-Yorkais doivent faire preuve d’une vigilance accrue pour rester en sécurité », a déclaré mercredi le maire de New York, Zohran Mamdani, dans un communiqué. Selon le bureau de la Gestion des urgences de la ville de New York, cela pourrait devenir l’événement de fumée le plus important à New York depuis juin 2023, lorsque des feux canadiens sans précédent ont porté l’indice de qualité de l’air à des niveaux dangereux.
La saison des feux de forêt au Canada ne fait que commencer
Le vent et la pluie pourraient aider à dissiper la fumée dans le nord-est et le mid-Atlantique pendant le week-end, mais il est difficile de dire quelle sera l’efficacité de ce soulagement, rapporte Noll. Même si ces régions obtiennent un peu de répit, celui-ci pourrait être de courte durée. Le CIFFC s’attend à ce que la grande majorité de ces feux en activité continuent de gagner en ampleur, et les conditions météorologiques propices aux feux devraient s’accentuer et s’étendre à travers le pays au cours de la semaine à venir.
Mardi, des agences des États‑Unis, du Canada et du Mexique ont publié une évaluation et des perspectives communes des incendies saisonniers pour l’Amérique du Nord, indiquant que la chaleur à l’échelle nationale et les déficits de précipitations à l’échelle régionale au Canada continueront de générer des dangers d’incendie jusqu’à la fin juillet.
Le Niño en forte intensification aidera à acheminer la fumée du Canada vers les États‑Unis. Le Niño déplace le courant-jet, de sorte que les vents soufflent du nord-ouest du Canada vers l’est des États‑Unis, créant une sorte de convoyeur atmosphérique pour la fumée. Parallèlement, le Niño privilégie des conditions chaudes et sèches dans l’ouest du Canada, favorisant l’allumage et le développement des feux.
Le réchauffement climatique a inauguré une ère d’étés brûlants et saturés de fumée en Amérique du Nord, et si certaines saisons peuvent être plus difficiles que d’autres, il est clair que c’est la nouvelle réalité. Comprendre les dangers de la fumée des incendies sera crucial alors que les gens seront de plus en plus exposés à ce polluant atmosphérique nocif.