Un télescope spatial révolutionnaire est prêt à rejoindre les rangs de Hubble et Webb, offrant des vues panoramiques du cosmos pour cartographier des millions de galaxies, mesurer le taux d’expansion de l’univers et traquer des centaines de mondes extraterrestres.
Le télescope spatial Nancy Grace Roman de la NASA est prêt pour son lancement dimanche à 7 h 26, heure de l’Est, à bord d’une fusée SpaceX Falcon Heavy depuis le Kennedy Space Center en Floride. Le décollage sera diffusé en direct sur le site web de la NASA ainsi que sur la chaîne YouTube de l’agence. Vous pouvez également suivre via le flux ci-dessous.
Cet observatoire coûtant 4 milliards de dollars est doté d’une vision infrarouge particulièrement nette, associée à un champ de vision d’au moins cent fois plus vaste que celui du télescope spatial Hubble, selon la NASA. Roman a pour mission de résoudre certaines des plus grandes énigmes de l’univers : la matière noire et l’énergie noire. En scrutant de vastes zones du ciel, le télescope pourra suivre la distribution des galaxies dans l’univers et cartographier la matière noire invisible.
Télescope à champ large
La NASA décrit Roman comme le cousin aux yeux grand ouverts de Hubble. Bien qu’il ait la même sensibilité que les caméras de Hubble, une seule image de Roman équivaut au niveau de détail de 100 clichés pris par Hubble.
Le nouvel observatoire possède deux instruments principaux : l’Instrument à champ large (WFI) et un instrument coronographe. Le WFI de 300 mégapixels est conçu pour produire des images extrêmement nettes sur un champ immense et pour mesurer des données spectroscopiques très sensibles.
Tout comme le Webb Space Telescope, Roman capture l’univers dans la lumière infrarouge. Webb possède un miroir beaucoup plus grand et peut regarder extrêmement loin dans l’univers, tandis que Roman peut voir simultanément d’immenses zones du ciel.
Que va faire le Télescope spatial Roman ?
Après son lancement, le télescope Roman se dirigera vers le second point de Lagrange Soleil-Terre, ou L2, situé à environ un million de miles (1,5 million de kilomètres) de la Terre. Perché dans cet endroit élevé, le télescope bénéficiera d’une vue dégagée sur le ciel tout en conservant une orientation relativement stable.
Une fois en place, Roman poursuit trois missions scientifiques majeures : étudier la matière noire, mesurer comment l’univers s’étend au fil du temps, et chercher des planètes au‑delà de notre système solaire.
La matière noire est la colle invisible qui maintient l’univers ensemble. Bien qu’elle constitue la majeure partie de la matière présente dans les galaxies et les amas de galaxies, les scientifiques ne savent pas encore exactement ce que c’est. Puisque la matière noire est invisible, il est presque impossible de l’observer. Elle occupe néanmoins de l’espace et possède une masse, ce qui nous permet de voir comment elle interagit avec et influence la matière ordinaire.
Roman observera comment les galaxies se regroupent et comment la matière dévie la lumière à travers un phénomène appelé lentille gravitationnelle faible. Le télescope sera utilisé pour scruter environ 12% du ciel situé bien au‑dessus du plan galactique afin de repérer l’effet de lentille dans des millions de galaxies lointaines. En mesurant de minuscules distorsions sur ces galaxies, Roman pourrait être en mesure de cartographier la répartition de la matière noire dans l’univers.
Un autre mystère que les scientifiques espèrent résoudre grâce au télescope Roman est le taux d’expansion de l’univers. L’univers s’étend à un rythme accéléré, et l’énergie sombre pourrait en être le principal moteur.
Pour rassembler des indices sur cette force mystérieuse, Roman cherchera des supernovae dans des galaxies éloignées. Les explosions stellaires peuvent fournir des indications sur la rapidité d’expansion de l’univers, car elles atteignent une luminosité prévisible, aidant les astronomes à mesurer les distances cosmiques.
Roman cartographiera également comment les galaxies s’agglomèrent dans le temps et l’espace, révélant les effets potentiels de l’énergie sombre. En observant des millions de galaxies, le télescope pourra révéler comment l’univers a évolué au fil du temps.
Les scientifiques espèrent aussi utiliser le télescope pour découvrir un nombre considérable de mondes au‑delà du nôtre. Plutôt que d’observer des étoiles voisines individuellement, Roman surveillera 100 millions d’étoiles pendant des centaines de jours. On s’attend à ce que le télescope repère environ 2 500 exoplanètes en utilisant un mécanisme appelé microlentille gravitationnelle, qui fait intervenir une étoile de premier plan comme lentille.
Ses capacités de détection de planètes sont suffisamment sensibles pour repérer des planètes plus petites que Mars et révéler des exoplanètes en orbite autour de leurs étoiles hôtes à des distances allant de plus proche que Vénus jusqu’au-delà de Pluton, selon la NASA. Le coronographe du télescope est conçu pour capturer des images directes d’exoplanètes en bloquant la lumière de l’étoile, permettant ainsi aux astronomes d’observer des planètes bien plus faiblement lumineuses.
Le télescope spatial Roman est conçu pour générer une quantité énorme de données afin d’aider les scientifiques à comprendre comment l’univers a changé et évolué au cours de l’histoire cosmique, fournissant des indices sur certains des mystères les plus épineux de l’astrophysique.